lac


lac

lac [ lak ] n. m.
• 1175; lat. lacus
1 Grande nappe naturelle d'eau douce ou (plus rarement) salée, à l'intérieur des terres. étang, mer (fermée). Les Grands Lacs (Canada, États-Unis). Le lac Léman ou lac de Genève. Lac de cratère. Petit lac d'eau de mer. lagon. Lac salé en Afrique du Nord. chott. Lac d'Écosse. 2. loch. Petite marée d'un lac. 2. seiche. Bords, grève; rivage d'un lac. Village bâti sur un lac. lacustre. « Le Lac », poème de Lamartine.
Loc. fam. (fin XIXe) Tomber dans le lac : échouer, n'avoir pas de suite, en parlant d'un projet, d'une entreprise (cf. Tomber à l'eau). Son projet est dans le lac. (Suisse) Il n'y a pas le feu au lac.
Par anal. Lac artificiel : ouvrage destiné à l'agrément (le lac du bois de Boulogne) ou à l'utilité (lac d'un barrage-réservoir).
2Littér. Quantité considérable (de liquide répandu). Un lac de sang. mare.
⊗ HOM. Laque.

lac nom masculin (latin lacus) Nappe d'eau stagnante plus ou moins profonde et plus ou moins étendue, entourée de terre de tous côtés. ● lac (citations) nom masculin (latin lacus) Alphonse de Prât de Lamartine Mâcon 1790-Paris 1869 Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! Premières Méditations poétiques, le Laclac (difficultés) nom masculin (latin lacus) Orthographe et sens 1. Lac n.m. = étendue d'eau. Un lac volcanique. 2. Lacs n.m. = lacet muni d'un nœud coulant, collet. Toujours avec s, même au singulier (le mot se prononce comme s'il s'écrivait ). Emploi Tomber dans le lacs (= tomber dans le piège, donner dans le panneau) est aujourd'hui sorti de l'usage. Cette expression n'a pas de rapport avec être dans le lac (= échouer, être tombé à l'eau) : vous avez tout fait rater, maintenant, l'affaire est dans le lac. ● lac (expressions) nom masculin (latin lacus) Familier. Être, tomber dans le lac, être ruiné, perdu, échouer, ne pas aboutir. Lac artificiel, lac obtenu par une retenue d'eau, un barrage, etc. Lacs sanguins, cavités veineuses, creusées sur le trajet des veines méningées dans l'épaisseur de la dure-mère. Lacs sanguins du placenta, nom donné aux espaces gorgés de sang situés dans le placenta. Lac de lave, retenue circulaire de lave, en fusion ou consolidée, en général de composition basaltique, dans un cratère volcanique. ● lac (homonymes) nom masculin (latin lacus) laque nom féminin laque nom masculin laque forme conjuguée du verbe laquer laquent forme conjuguée du verbe laquer laques forme conjuguée du verbe laquer

lac
n. m. Grande étendue d'eau à l'intérieur des terres. Lac de cratère, de dépression.

⇒LAC, subst. masc.
A. — Étendue d'eau douce ou (plus rarement) salée, naturelle ou artificielle, à l'intérieur des terres, généralement plus vaste ou plus profonde qu'un étang, moins vaste qu'une mer. Lac d'Annecy, Lac du Bourget, Lac de Genève, Lac Léman, les Grands Lacs (américains). Ils étoient sur le bord d'un superbe lac entouré de rochers et de montagnes majestueuses (GENLIS, Chev. Cygne, t. 1, 1795, p. 186). Il y a cent cinquante ans, on s'attendrissait sur les lacs et les forêts (CAMUS, Chute, 1956, p. 1537) :
1. Ô lac! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devoit revoir,
Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir!
LAMART., Médit., 1820, p. 134.
P. métaph. Il voguait à pleines voiles sur le lac bleu de l'espérance (BALZAC, Muse départ., 1844, p. 192). Je me promène à l'intérieur, sur mon lac d'ennui. J'y fais de petites promenades joyeuses (RENARD, Journal, 1905, p. 973) :
2. ... la mort est un grand lac creusé au milieu de la nature; les vies humaines, comme autant de fleuves, vont s'y engloutir; et c'est de ce même lac que s'élèvent ensuite d'autres générations qui (...) viennent également (...) se perdre à leur source.
CHATEAUBR., Essai Révol., t. 2, 1797, p. 412.
SYNT. Lac immense, profond; lac argenté, azuré, bleu; lac calme, immobile, limpide, pur, resplendissant, tranquille, transparent; lac noir, sombre; lac aux eaux transparentes; lac charmant, délicieux, magnifique, sublime; le lac brille, dort, frissonne, miroite, murmure, se ride; le miroir d'un lac; se promener sur un lac, au bord d'un lac, sur les rives d'un lac, pêcher, se baigner dans un lac.
Lac salé; lac de barrage, de montagne. Quand il n'existe pas de lacs naturels, il est nécessaire de créer des lacs artificiels (THALLER, Houille blanche, 1952, p. 18).
♦ Loc. fam. (Tomber, être) dans le lac. Mod. Échouer, n'avoir pas de suite. Synon. (tomber, être) à l'eau (fam.), rater (fam.). L'affaire que j'ai montée est dans le lac (A. SERGENT, Je suivis ce mauvais garçon, p. 119 ds REY-CHANTR. Expr. 1979). Pop., vieilli. Être pris, perdu; p. ext. être dans l'embarras. Il fut pris d'une frousse formidable. Il répéta : — Quatre heures moins le quart? Mais alors nous sommes dans le lac! (COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, 2e part., VII, p. 178).
GÉOGR. ,,Étendue d'eau continentale, accumulée par suite d'une entrave naturelle ou artificielle à son écoulement`` (Envir. 1976). Cet ensemble chaotique de monticules et de lacs qu'on appelle le paysage morainique (VIDAL DE LA BL. ds Annales géogr., 1913, p. 295).
Lac glaciaire, karstique, tectonique, volcanique. La température superficielle des lagunes, des golfes peu profonds et des lacs côtiers est plus élevée que celle de la mer (ROMANOVSKY, Mer, source én., 1950, p. 67).
B. — P. anal. Lac de + subst. (désignant une matière). Étendue de (liquide qui ne s'écoule pas ou qui est répandu à terre). D'un blessé qu'on oublie Au bord d'un lac de sang sous un grand tas de morts (BAUDEL., Fl. du Mal, 1857, p. 113). Une boîte de sardines dont le métal crevé montrait un lac d'huile (ZOLA, Ventre Paris, 1873, p. 666). Il voyait, il touchait presque ces montagnes d'excréments, ces lacs de boue (BERNANOS, M. Ouine, 1943, p. 1488) :
3. ... leurs larges pantalons se creusaient, faisaient lits à de petits lacs d'eau dont le suintement, dégoulinant à l'intérieur, ruisselait sur leurs mollets velus, s'allait perdre en l'emmaillotement de leurs chaussettes russes.
COURTELINE, Train 8 h 47, 1888, 2e part., V, p. 146.
P. anal. Lac de feu, de lumière, d'ombre. On la voit poindre [la population] par bouquets de familles sur le lac de verdure de la pelouse (GOZLAN, Notaire, 1836, p. 236). Ces perspectives de caisses, ces lacs de papiers, ces montagnes de linge, étaient la ville du malade et son décor (COCTEAU, Enf. terr., 1929, p. 54).
P. métaph. Ô ma fille, âme heureuse! Ô lac de pureté! Dans la vallée ombreuse, Reste où ton Dieu te creuse Un lit plus abrité! (HUGO, Feuilles automne, 1831, p. 802). Elle parla beaucoup et presque seule, dévoilant peu à peu sous le ciel tout un lac nocturne de pensées ensevelies (SAINTE-BEUVE, Volupté, t. 2, 1834, p. 106) :
4. Mais je n'aime pas beaucoup, en général, et particulièrement chez Barrès, le recours à de certains tons poétiques et à des mots prédestinés. « Lac de beauté... », « ciel de beauté », « mélancolie et amour », « astres les plus merveilleux ». Un vraiment grand artiste ne change pas les couleurs de sa palette, pour faire poétique.
GIDE, Journal, 1931, p. 1063.
C. — ANAT. Espace intertissulaire clos contenant notamment du sang, de la lymphe. Lac lacrymal. La dure-mère présente des veines propres, les veines durales et des formations spéciales, les lacs sanguins (G. GÉRARD, Anat. hum., 1912, p. 377). Ceux-ci [les leucocytes] sortent par diapédèse des capillaires et des lacs lymphatiques sous-muqueux (CALMETTE, Infection bacill. et tubercul., 1920, p. 122).
REM. Lacquet, subst. masc., région. (Pyrénées). Petit lac. Le lac de Honchet (...) est précédé d'un petit lac que les gens du pays appellent lacquet (DUSAULX, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 214).
Prononc. et Orth. : [lak]. Att. ds Ac. dep. 1694. Homon. laque. Étymol. et Hist. 1. 1re moitié XIIe s. « fosse » (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, 142, 8), encore chez Guillaume de Machaut ds GDF.; 2. a) 1165-70 (CHR. DE TROYES, Erec, éd. M. Roques, 1674); b) 1886 aller dans le lac « aller en prison » (HOGIER-GRISON, Monde où l'on triche, p. 244 : Puis, si tu rebouinais l'arnac, Défouraille, t'irais dans l'lac); av. 1887 [1880 d'apr. LARCH. Suppl. 1889] tomber dans le lac « être dans la misère » (HOGIER-GRISON, Monde où l'on vole, p. 302); 1888 être dans le lac « être dans l'embarras » (COURTELINE, loc. cit.). Empr. au lat. lacus « cuve, réservoir » puis « étang » d'une part, et d'autre part « fosse » en lat. chrét. ou, ext. de la forme occitane vers le Nord (FEW t. 5, p. 126b). A supplanté la forme pop. lai « fosse » (ca 1200 — ca 1225) et « étang » (ca 1200 — 1266 ds T.-L.). L'expr. 2 b qui, comme tomber dans l'eau (1853, FLAUB., Lettre à Louise Colet ds Corresp., IIIe série, p. 274) évoque l'idée de perte définitive par la noyade, a peut-être subi l'infl. de l'expr. homonymique tomber dans le lacs « tomber dans l'embarras » (1867, LITTRÉ, s.v. lacs), attestée dès 1787 (FÉR. Crit. : tomber dans les lacs) où lacs issu du lat. laqueus est pris au sens fig. d'« embarras, piège » v. lacs (REY-CHANTR. Expr. 1979). Cf. aussi Larchey pour qui lac conserve le sens de « corde » et de « piège » dans l'expr. être dans le lac glosée « être pendu » par Macé et « être dans une situation embarrassée » par Palat (v. LARCH. Suppl. 1883, p. 88). Fréq. abs. littér. : 3 113. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 6 862, b) 5 668; XXe s. : a) 2 876, b) 2 616.

lack, lac ou lakh [lak] n. m.
ÉTYM. 1770, lack; lekke, 1678; lac, 1867, Littré; transcription de l'indo-aryen lākh ou du persan lāk, du sanskrit lākshā « cent mille ».
Un lack de roupies : cent mille roupies.
HOM. Lac, laque.
————————
lac [lak] n. m.
ÉTYM. V. 1175; « fosse », première moitié XIIe; lat. lacus « cuve, réservoir », aussi « étang; fosse » en lat. chrétien (→ Lacune; lagune).
1 Grande nappe naturelle d'eau douce ou (plus rarement) salée, à l'intérieur des terres. Étang, mer (mer fermée); lacustre. || Lac (ou mer) d'Aral. || On peut se demander si on a affaire à une mer (cit. 6) ou à un lac. || Le lac Baïkal. || Les Grands Lacs canadiens. || Le lac Léman ou lac de Genève. || Le lac du Bourget, le lac d'Annecy. || Lac de cratère, lac de cirque. || Petit lac d'eau de mer. Lagon. || Lac salé en partie desséché. || Lac asphaltique. Chott. || Lac d'Écosse. 2. Loch. || Lacs des Alpes et du Jura, encaissés dans les montagnes (→ Encaissement, cit. 2; fermer, cit. 24). || Grau faisant communiquer un petit lac avec la mer.Transparence, limpidité d'un lac (→ Candide, cit. 3). || Eaux dormantes, bleues ou grises (cit. 23) d'un lac. || Petite marée d'un lac. Seiche.(En parlant de l'eau d'un lac, de sa surface). || Lac qui brille (cit. 3) sous le soleil. || « Le cristal azuré du lac » (Rousseau, Julie…, II, 17).Promenade en bateau sur un lac (→ Esquif, cit. 1; guide, cit. 1). || Naviguer sur un lac. || Se baigner dans un lac. || Les cygnes (cit. 4) d'un lac. || Lac poissonneux. || Végétation flottante d'un lac. || Bords, grève (cit. 1), rivage d'un lac. || Île (cit. 1) au milieu d'un lac. || Village bâti sur un lac. Lacustre. || Assécher, combler un lac. || Le Lac, poème de Lamartine.
1 Ô lac, l'année à peine a fini sa carrière (…)
Lamartine, Premières méditations, « Le lac » (→ Flot, cit. 2).
2 Qui de nous, Lamartine, et de notre jeunesse,
Ne sait par cœur ce chant, des amants adoré,
Qu'un soir, au bord d'un lac, tu nous as soupiré ?
A. de Musset, Lettre à Lamartine.
2.1 Cependant, la route était nettement tracée. Ici, elle s'allongeait directement entre l'épais fourré des plantes marécageuses; , elle contournait les rives sinueuses de vastes étangs, dont quelques-uns, mesurant plusieurs verstes de longueur et de largeur, ont mérité le nom de lacs.
J. Verne, Michel Strogoff, p. 218.
3 Dans Aix, sur les coteaux pleins de ruisseaux errants,
De quoi souffriez-vous, mon tendre Lamartine ?
J'ai vu votre beau lac farouche, étroit, grondant (…)
Anna de Noailles, les Forces éternelles, « Poètes romantiques ».
4 Les lacs sont alimentés soit par des affluents, tributaires superficiels, soit par afflux d'eau souterraine. Si le lac a un émissaire, son eau est ordinairement douce. L'écoulement se fait : soit par un déversoir; le lac est alors ouvert; — soit par voie souterraine. Certains lacs reçoivent une partie du débit des rivières à la crue, et la restituent à la décrue (lacs de trop-plein).
Baulig, Voc. de géomorphologie, 177.
Ellipt. || Le lac (selon les contextes) : le lac dont il est question. || Il habite Montreux, près du lac.
4.1 Shelley et Byron firent ensemble un pèlerinage littéraire autour du lac. Ils visitèrent les lieux où Rousseau avait placé la Nouvelle Héloïse : Clarens, « le doux Clarens, berceau de tout amour vraiment passionné », la Lausanne de Bibbon, le Ferney de Voltaire.
A. Maurois, Ariel ou la Vie de Shelley, p. 197.
Par anal. || Lac artificiel, destiné à l'agrément (le lac du Bois de Boulogne) ou à l'utilité (lac d'un barrage-réservoir).
Par métaphore. Ce qui évoque une étendue d'eau (→ 2. Envers, cit. 14).
5 Au lac de tes yeux très profond
Mon pauvre cœur se noie et fond (…)
Apollinaire, Ombre de mon amour, IV.
Loc. fig. et fam. (V. 1880, in Larchey). Tomber dans le lac : échouer, n'avoir pas de suite. || Son projet est dans le lac. Eau (à l'eau).
REM. Tomber dans le lac a le sens de « tomber à l'eau » et non celui de « tomber dans le lacs », locution archaïque et homonyme, « tomber dans le piège, se laisser prendre au piège ». → Lacs.
6 L'affaire que j'ai montée est dans le lac (…) D'ailleurs je les connais, ce sont des timorés.
A. Sergent, Je suivis ce mauvais garçon, in Rey et Chantreau, Dict. des expressions, art. Lac.
2 Par anal. et exagér. Quantité considérable de liquide répandu. || Un lac de sang (→ Effort, cit. 3), de boue (→ Excrément, cit. 6).
7 Delacroix, lac de sang hanté des mauvais anges (…)
Baudelaire, Spleen et idéal, VI.
3 Fig. et littér. Étendue, surface importante, distincte de ce qui l'entoure. || Un lac de lumière, d'ombre. || « Le lac de verdure de la pelouse » (Léon Gozlan, in T. L. F.). Abstractions. || « Un lac nocturne de pensées ensevelies » (Sainte-Beuve, in T. L. F.).
8 (…) je n'aime pas beaucoup, en général, et particulièrement chez Barrès, le recours à de certains tons poétiques et à des mots prédestinés. « Lac de beauté… », « ciel de beauté » (…)
Gide, Journal, 12 juil. 1931.
4 Anat. Espace intertissulaire contenant un liquide organique (lymphe, sang…). || Les lacs lymphatiques sous-muqueux.
DÉR. Lacustre.
HOM. Lack, laque.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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